De 1948, date des premiers collectages à aujourd'hui, grâce au mouvement du riacquistu, mouvement de réappropriation culturelle des années 70. la pratique du cantu in paghjella s'est étendue dans toutes les régions de l'île, même si elle reste encore concentrée en Haute-Corse.

De 1948 à 1970 : les collectages
Les années 1970-90 : le Riacquistu
De 1970 à aujourd'hui: la transmission des "versi"

 

> De 1948 à 1970 : les collectages
Les collectages de F.Quilici (1948), W. Laade (1956) et M. Rohmer (1970) font apparaître une grande
concentration du cantu in paghjella dans des zones plutôt rurales et pastorales de la partie nord de la Corse : régions du Bozziu, de la Castagniccia et de Tagliu Isulacciu. Pour autant, l’absence de collectes dans le sud
de la Corse (hormis la messe des morts de Sartène) ne signifie pas qu'il n'y ait jamais eu de cantu in paghjella
et l'hypothèse qu'il a disparu plus tôt que dans le Nord n'a jamais pu être vérifiée.

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> Les années 1970-90 : le Riacquistu
L'apparition des groupes culturels, le développement du disque et les techniques de l'information ont, simultanément, favorisé la diffusion de la pratique du cantu in paghjella.
Certains versi ont « essaimé » sur tout le territoire insulaire et désormais, ils sont interprétés dans presque
toutes les régions de l'île. Ils ne désignent plus uniquement les lieux et les praticiens originaires de ce lieu alors que, pendant longtemps, ils ont désigné, à la fois, des lieux (Rusiu, Sermanu, Orezza, Tagliu Isulacciu) et des individus appartenant à des familles de chantres (Bernardini, Mariani, Mattei, Moracchini, Moretti, Guelfucci, Rocchi).

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> De 1970 à aujourd'hui: la transmission des "versi"
Les versi profanes
Aujourd’hui, seuls ceux de Rusiu et d'Orezza sont régulièrement exécutés et transmis. Les versi de Sermanu
et de Tagliu sont très rarement exécutés.
Les occasions d'exécution et de transmission sont: le bar ou les places des villages, les veillées
(essentiellement en Haute-Corse); les fêtes patronales et les foires où interviennent les paghjellaghji ont lieu essentiellement en Haute-Corse, même si les paghjellaghi de Corse du Sud les rejoignent quand leurs obligations professionnelles le leur permettent.

Les versi liturgiques et paraliturgiques
Les occasions d'exécution et de transmission sont: les offices liturgiques (messe des vivants et des morts, Semaine Sainte, messe des fêtes patronales) et paraliturgiques.
Depuis les années 90, les versi de Rusiu et de Sermanu constituent la matrice du répertoire liturgique et paraliturgique et ont essaimé dans toute la Corse. Ils figurent, selon les régions, dans le répertoire des
confréries et celui des chantres non confrères.
Dans le répertoire recréé des confréries de Haute-Corse et de Corse du Sud, les versi utilisés sont dits
« hybrides » car ils sont composés de ceux de de Sermanu et de Rusiu.
En HAUTE-CORSE : à Ascu, Casamaccioli, Bustanicu, Pedicorti, Casamacciuli, Erbalonga, Lavasina, Pozzu di Brandu, Bastia, Centuri, Santa Maria Poghju, San Ghjuvanni di Muriani, Cervioni, Erbaghjolu, Figarella, Mandriale, Ugliastru, Santu Petru, Musuleu, Chiatra et Pianellu.
En CORSE DU SUD : à Vicu, Sartè, Aiacciu, Chera, Ciamanaccia, Conca, Carbuccia, Cuzzanu, Livia, Peri, Livia et Conca, les confréries utilisent essentiellement le versu de Sermanu.

Dans le répertoire des chantres non confrères, les versi de Sermanu et de Rusiu peuvent être complets ou mélangés, selon l'origine des chantres ou le calendrier liturgique.

Dans la Messe des vivants: l'Introït est celui de Rusiu ou de Sermanu, selon les fêtes patronales; le Kyrie Eleison, celui de Sermanu; le Gloria, celui de Rusiu ou Sermanu; le Credo, celui de Rusiu ou Sermanu; le Sanctus celui
de Rusiu ou Sermanu; le Salutaris, celui de Rusiu ou Sermanu; l' Agnus dei, celui de Sermanu; le Cumunio
celui de Rusiu ou Sermanu, selon les fêtes patronales; le Tantum ergo, celui de Sermanu.

Dans la Messe des défunts, le Requiem est celui de Rusiu; le Kyrie Eleison celui de Rusiu ou Sermanu;
le Domine , celui de Rusiu; le Sanctus, celui de Rusiu ou Sermanu; l'Agnus dei, celui de Sermanu; le Lux aeterna, celui de Rusiu; le Libera me, celui de Rusiu; le In paradisu, qui était une monodie récitative a été re-créé en cantu in paghjella par le groupe Voce di Corsica dans leur premier CD (1995) et a été progressivement intégré par les chantres dans la messe en paghjella.

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